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Les collections du Muséum d’histoire naturelle d’Autun font l’objet d’études régulières afin de préciser nos connaissances sur les espèces ayant peuplé la Terre il y a des millions d’années. En février 2024, le chercheur américain Richard Knecht, de l’université Harvard, est venu examiner à Autun de minuscules invertébrés fossiles appartenant à l’espèce Palaeocampa anthrax.
Ces organismes, de quelques millimètres seulement, sont conservés dans des nodules fossilifères découverts à Montceau-les-Mines et datés de plus de 300 millions d’années, à l’époque du Carbonifère. Longtemps considérés comme de simples vers, ils sont désormais classés parmi les lobopodes : des vers dotés de pattes, ancêtres des arthropodes actuels (insectes, araignées, crustacés).
Alors que les lobopodes n’étaient connus qu’en milieu marin, l’étude, publiée fin juillet dans une revue scientifique internationale, révèle que Palaeocampa anthrax évoluait en eau douce, marquant une étape importante dans l’adaptation des espèces. Plus surprenant encore, ce fossile possède de petites épines dorsales se terminant par une ouverture, signe d’un mode de défense par sécrétion chimique. Ce mécanisme, efficace hors de l’eau, confirme que l’espèce était amphibie.
Sans l’exceptionnelle qualité de conservation des échantillons, de telles découvertes auraient été impossibles. Richard Knecht et ses confrères, en s’appuyant sur les technologies modernes d’imagerie, a également démontré que certains fossiles autrefois rattachés à Palaeocampa anthrax appartenaient en réalité à une espèce différente, rectifiant ainsi une confusion ancienne.
Ces avancées replacent Palaeocampa anthrax dans l’arbre du vivant avec une précision inédite et soulignent l’importance des collections autunoises pour la recherche scientifique mondiale.


Image 2 : reconstitution de Palaeocampa anthrax dans son environnement, avec d’autres invertébrés (c) Christian McCall (Université de Harvard)