Une maison romaine découverte lors d’un diagnostic archéologique

Une maison romaine découverte lors d'un diagnostic archéologique

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Le sous-sol autunois n’a pas fini de révéler ses secrets. À l’occasion d’un diagnostic archéologique réalisé dans le quartier de la gare, le Service Archéologique de la Ville d’Autun (SAVA) a mis au jour les vestiges d’une vaste maison romaine à péristyle, témoignant du riche passé antique de ce quartier d’Augustodunum.

Cette intervention s’est déroulée du 8 au 16 juin dans le cadre d’un projet d’aménagement sur une parcelle située à l’intérieur de l’ancienne ville romaine.

Une demeure organisée autour d’un jardin à colonnades

Les archéologues ont découvert les vestiges d’une maison dite « à péristyle », un type d’habitation caractéristique des quartiers résidentiels les plus aisés de l’époque romaine.

L’organisation de la demeure s’articulait autour d’un jardin ou d’une cour intérieure entourée d’une galerie à colonnades, autour de laquelle se répartissaient plusieurs pièces d’habitation. Ce type d’architecture témoigne d’un certain niveau de richesse et de confort.

« Nous savions grâce aux découvertes précédentes que ce secteur correspondait à un quartier d’habitations relativement privilégié de la ville antique, mais un diagnostic réserve toujours des surprises », explique Yannick Labaune, directeur du Service Archéologique de la Ville d’Autun.

Des objets du quotidien vieux de près de 2 000 ans

Au-delà des structures bâties, les fouilles ont également livré plusieurs objets antiques qui permettront de mieux comprendre la vie des occupants de cette demeure.

Parmi les découvertes figurent notamment des éléments de parure, des épingles et du mobilier céramique qui feront très bientôt l’objet d’études par des spécialistes. Les analyses seront menées en partenariat avec plusieurs experts, notamment de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Ces objets confirment l’hypothèse d’un habitat occupé par une population relativement aisée.

Autre indice particulièrement intéressant : la présence de nombreuses tesselles, ces petits cubes de pierre utilisés pour composer les mosaïques romaines. Les archéologues pensent ainsi qu’une mosaïque, probablement réalisée en schiste noir et en calcaire blanc, ornait autrefois certaines pièces de la maison.

Un travail d’étude qui se poursuit

La phase de terrain étant désormais achevée, les archéologues sont entrés dans ce que l’on appelle la phase de « post-fouille ». L’ensemble des données recueillies va être analysé afin de produire un rapport scientifique qui sera remis au Service régional de l’archéologie d’ici la fin de l’été.

Les conclusions permettront notamment de déterminer les mesures à prendre en fonction du projet d’aménagement prévu sur la parcelle : adaptation du projet afin de préserver les vestiges, solutions techniques spécifiques ou, si nécessaire, investigations complémentaires.

Les résultats viendront également enrichir la connaissance de la ville antique et rejoindront à terme la cartographie des découvertes archéologiques consultable sur le nouveau site internet du Service Archéologique de la Ville d’Autun.

Former les archéologues de demain

Cette opération a également permis au Service Archéologique de la Ville d’Autun d’accueillir Adeline Pinquier, étudiante en archéologie à l’université d’Aix-Marseille, venue effectuer un stage de terrain auprès de l’équipe. Une manière de transmettre les savoir-faire et de faire découvrir aux futurs professionnels la richesse exceptionnelle du patrimoine archéologique autunois.

Près de 2 000 ans après leur abandon, les vestiges de cette demeure romaine continuent ainsi de raconter une partie de l’histoire d’Augustodunum, confirmant une nouvelle fois l’extraordinaire potentiel archéologique du sous-sol autunois.

Une maison romaine découverte lors d'un diagnostic archéologique
Exemple d’une maison à péristyle, crédit photo : Imag’In’Ere