82 ans après, le devoir de mémoire de la famille Corcia

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Le 24 février 1944, la famille Corcia était arrêtée à Autun lors d’une rafle menée par la Gestapo. 82 ans jour pour jour après ce drame, un temps de commémoration s’est tenu en mairie, le 24 février 2026, afin d’honorer la mémoire de cette famille victime de la déportation.

Une famille installée à Autun avant la déportation

La famille Corcia était originaire d’Algérie. Elle était composée d’Abraham, le père, de Clara, la mère, de leurs quatre fils – André, Georges, Roger et Samuel – ainsi que de deux filles – Odette et Marie.

En 1942, la famille décide de s’installer à Autun. Abraham trouve alors un emploi à la cantine de la caserne Changarnier. Mais la Seconde Guerre mondiale bouleverse leur quotidien. À cette époque, Autun se situe en zone occupée par les nazis. Abraham perd alors son travail. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il pense toutefois que son engagement passé le protégera, ainsi que sa famille.

Le 24 février 1944, Abraham et trois de ses fils sont arrêtés par la Gestapo. Ils sont déportés au camp de Drancy, puis transférés à Auschwitz, où ils sont assassinés à leur arrivée dans les chambres à gaz. André, le 4e fils qui a pu s’échapper, retourne en Algérie. Les deux sœurs se seraient quant à elles réfugiées à Chalon-sur-Saône.

Une commémoration pour transmettre l’histoire aux jeunes générations

Le 24 février 2026, un hommage a été rendu en mairie en présence de la petite fille et l’arrière petit-fils d’André Corcia. Ce moment de recueillement avait pour objectif de rappeler les faits et de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.

Des élèves du collège du Vallon, en partenariat les passionnés d’histoire des Mémoires Vives et le Souvenir Français de l’Autunois Morvan, ainsi qu’avec la municipalité, ont travaillé à ce projet de mémoire, participant activement au projet de commémoration. Un livret retraçant l’histoire de la rafle des Corcia sera publié le 26 mars prochain en continuité à ce projet. Destiné aux scolaires comme au grand public, il permettra de mieux comprendre ce pan de l’histoire locale inscrit dans le contexte plus large de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale.

De plus, quatre pavés commémoratifs seront posés le 24 février 2027 devant le 9 rue Saint-Christophe à Autun, dernière adresse connue de la famille. Chaque pavé rendra hommage à l’un des membres de la famille décédés.

À travers ces initiatives, Autun rappelle l’importance de préserver la mémoire des victimes de la déportation et de transmettre leur histoire pour que de tels drames ne tombent jamais dans l’oubli.