Les pierres du jardin lapidaire reprennent vie avec Maria Manuela

Les pierres du jardin lapidaire reprennent vie avec Maria Manuela

Temps de lecture : 3 min

Le jardin lapidaire d’Autun accueille cet été une invitée un peu particulière. Depuis le 6 juin et jusqu’au 30 septembre, l’artiste plasticienne autunoise Maria Manuela y présente son exposition Les pierres nous ont dit…, une invitation poétique et colorée à redécouvrir l’un des lieux patrimoniaux les plus singuliers de la ville.

Quand l’art contemporain dialogue avec l’histoire

L’inauguration de cette exposition s’est déroulée en présence de nombreux acteurs de la culture autunoise : Agathe Legros, directrice de la Direction des Musées et du Patrimoine de la Ville d’Autun et son équipe, Gauthier Gimenez, adjoint au maire notamment chargé de la Culture et du Patrimoine, Annabelle Renoud, conseillère municipale déléguée chargée de la culture, Isabel Marin, conseillère municipale déléguée chargée de la création artistique et des métiers d’art, Morgane Bouchard, conseillère municipale déléguée chargée de la médiation, ainsi qu’Anne Comode, animatrice de l’école d’arts plastiques. L’artiste Maria Manuela était naturellement présente pour faire découvrir son travail au public.

Pour cette exposition, Maria Manuela a bénéficié d’une totale liberté de création. Une carte blanche qu’elle a choisie d’ancrer profondément dans l’histoire du lieu.

Avant d’être le jardin lapidaire que l’on connaît aujourd’hui, le site accueillait l’ancien hôpital Saint-Nicolas-Saint-Éloi. Un établissement dont la réputation était autrefois peu enviable : on y venait davantage pour accompagner les derniers instants de la vie que pour guérir. Des générations d’hommes et de femmes y ont laissé leurs histoires, leurs souffrances et leurs souvenirs.
Après la disparition de l’hôpital, seule la chapelle fut conservée. Au XIXe siècle, la Société Éduenne acquiert le site et aménage le cloître qui accueille aujourd’hui les collections lapidaires de la Ville d’Autun. Sous ses arcades sont conservés de nombreux vestiges antiques et médiévaux qui racontent plus de deux millénaires d’histoire autunoise.

C’est cette mémoire des lieux qui a inspiré Maria Manuela.

Des œuvres discrètes, colorées et pleines de poésie

À travers ses créations, l’artiste a choisi de faire parler les pierres, de leur donner une voix nouvelle et parfois même une seconde vie.
Ses interventions, volontairement discrètes, ne se dévoilent pas toujours au premier regard. Certaines œuvres se découvrent au détour d’une allée, d’autres se fondent presque dans le décor avant de révéler leurs couleurs vives et leur humour.

L’artiste joue avec les formes et les usages anciens des vestiges exposés. Ainsi, une stèle funéraire réemployée autrefois comme margelle de puits devient, sous son regard, un four à pain. Une manière originale de proposer de nouvelles lectures des objets patrimoniaux tout en respectant leur histoire.

Le résultat est à la fois joyeux, délicat et profondément respectueux du lieu.

Un travail minutieux

Derrière la légèreté apparente de l’exposition se cache un important travail artisanal. Chaque création a nécessité de longues heures de réflexion et de réalisation.

Pour Maria Manuela, travailler dans un espace patrimonial ouvert au public constituait également une expérience nouvelle. Contrairement à une salle d’exposition classique, le jardin lapidaire impose de composer avec l’architecture, les collections permanentes, la lumière naturelle et le regard des visiteurs qui circulent librement.

Un défi relevé avec succès par l’artiste, qui parvient à créer un dialogue subtil entre patrimoine et création contemporaine.

Avec Les pierres nous ont dit…, le jardin lapidaire offre une nouvelle manière de découvrir ses collections. Les sculptures et vestiges antiques ou médiévaux se voient enrichis d’un regard contemporain qui invite à l’imagination, à l’observation et à la contemplation.Une promenade artistique originale, accessible à tous, qui permet de redécouvrir un lieu emblématique d’Autun sous un jour nouveau.

L’exposition est visible jusqu’au 30 septembre au jardin lapidaire d’Autun. L’entrée est libre et gratuite.