Figurines gallo-romaines : Loïc Androuin présente ses recherches

Figurines gallo-romaines : Loïc Androuin présente ses recherches

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Avant sa soutenance officielle prévue la semaine prochaine, Loïc Androuin a présenté, mercredi 13 mai, le fruit de plusieurs années de recherche à ses collègues de la Direction des Musées et du Patrimoine et du Service Archéologique de la Ville d’Autun. Une étape importante pour ce jeune chercheur, dont les travaux mettent en lumière un pan méconnu de l’histoire antique locale.

Une thèse ancrée dans la recherche autunoise

Intitulée « Pistillus Fecit, la production coroplastique de l’atelier de Pistillus à Autun et en Gaule romaine », cette thèse s’inscrit dans le cadre d’un contrat CIFRE, mené entre 2022 et 2024.

Un contrat CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) permet à un doctorant de mener ses travaux de recherche en lien direct avec une structure professionnelle – ici la Ville d’Autun – tout en étant inscrit dans un laboratoire universitaire. Le dispositif est financé notamment par l’Agence Nationale de la Recherche Technologique, avec un cofinancement de la collectivité.

Dans ce cadre, Loïc Androuin a été pleinement intégré aux équipes du musée Rolin, menant à la fois ses recherches académiques et des missions concrètes au service des collections.

La coroplastie au cœur de l’étude

Le sujet de sa thèse porte sur la coroplastie, c’est-à-dire l’art de fabriquer des figurines en terre cuite à l’aide de moules. Une pratique artisanale largement répandue durant l’Antiquité.

À Autun, plus de 2 500 objets de coroplastie ont été recensés. L’un des premiers chantiers de Loïc Androuin a consisté à inventorier cette collection exceptionnelle, constituée progressivement depuis le XIXe siècle à l’occasion de nombreuses fouilles archéologiques.

Un travail de longue haleine, mené sur près d’un an et demi, qui a permis de structurer, documenter et mieux comprendre cet ensemble, aujourd’hui l’un des plus importants de France.

Pistillus, un artisan au rayonnement européen

Au cœur de l’étude : l’atelier de Pistillus, actif dans la première moitié du IIIe siècle. Grâce à ses recherches, Loïc Androuin a pu préciser les techniques de fabrication, notamment l’utilisation de moules bivalves, mais aussi étudier les signatures laissées par les artisans.

Car Pistillus n’était pas seul : d’autres coroplastes étaient actifs à Autun, et les travaux suggèrent même l’existence de collaborations entre ateliers.

Les figurines produites à Autun ont connu une diffusion remarquable : on en retrouve dans toute la Gaule, mais aussi en Angleterre, en Allemagne ou encore en Autriche. Malgré cette large diffusion, les productions autunoises présentent des caractéristiques propres qui permettent aujourd’hui de les identifier.

Un travail au service des collections et du futur musée

Au-delà de la recherche, le travail de Loïc Androuin a également contribué à la valorisation concrète des collections. Chaque pièce a été reconditionnée avec soin, étiquetée et intégrée dans les bases de données du musée, en vue de leur future présentation au sein du Panoptique d’Autun – Musée Rolin.

Ses recherches ont également donné lieu à l’organisation d’un colloque en 2024 réunissant une trentaine de spécialistes, ainsi qu’à plusieurs conférences auprès du public local.

Si de nombreuses avancées ont été réalisées, certaines questions restent encore en suspens, notamment sur l’organisation précise des ateliers ou les usages exacts de ces figurines entre le Ier et le IIIe siècle.

Cette présentation interne marque en tout cas l’aboutissement d’un travail scientifique rigoureux, au croisement de l’archéologie, de l’histoire de l’art et de la valorisation patrimoniale.

Une contribution précieuse pour mieux comprendre l’histoire antique d’Autun !