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Le projet d’aménagement du musée Panoptique d’Autun prend place à l’extrémité méridionale de l’espace urbain antique, à l’intérieur de la « ville haute » médiévale, un secteur situé à proximité du groupe épiscopal d’origine paléochrétienne qui connaît une occupation dense, complexe et continue depuis la fondation de la ville à l’époque augustéenne, jusqu’à nos jours. Il prévoit en premier lieu la réhabilitation des hôtels Rolin et Lacomme de la fin du Moyen-Âge, où étaient exposées les collections permanentes jusqu’en 2022. D’autre part, grâce à un ensemble de liaisons souterraines et de systèmes de circulation verticale, il s’agit d’étendre les espaces de présentation muséographique aux bâtiments voisins que sont la prison Panoptique du milieu du XIXe s. et l’ancien Palais de Justice érigé au XVIIe s. L’actuelle place Saint-Louis servira de parvis au futur Panoptique-Musée Rolin.
Dans ce cadre une fouille archéologique préventive a été prescrite par les services de l’État sur une superficie d’environ 1000 m². Elle est réalisée par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap) sous la direction de Valérie Viscusi, avec la collaboration du Service Archéologique de la Ville d’Autun (SAVA). Cette fouille fait suite à un diagnostic archéologique réalisé par le SAVA entre 2020 et 2021 qui a permis de dresser une première estimation de la nature du patrimoine enfoui : vaste bâtiment de la fin du Moyen-Âge, constructions de l’Antiquité (bâtiments et fortification) …
Ces premières images montrent l’opération de décapage archéologique autour de la prison Panoptique. Cette première phase d’intervention mécanisée, qui va durer environ trois semaines, vise à enlever les remblais superficiels stériles sous le contrôle des archéologues, jusqu’à faire apparaître les premiers vestiges.
Dans un second temps, l’équipe, constituée en moyenne de six archéologues, entamera la phase de fouille archéologique à proprement parler. L’objectif est d’étudier et d’enregistrer au fur et à mesure la superposition des couches archéologiques qui doivent être détruites par les futurs aménagements souterrains, permettant ainsi de progressivement remonter dans le temps jusqu’à une profondeur de l’ordre de 6 mètres sous le sol actuel. L’opération complexe d’un point de vue technique, creuser profondément à proximité d’une grande densité de bâti historique, a nécessité une longue phase de préparation préliminaire afin d’alterner sur toute la durée du chantier archéologique, des phases de fouilles et des phases de reprises en sous-œuvre des fondations des bâtiments (prison panoptique, ancien tribunal, hôtel Rolin…).
Les archéologues interviendront également dans les sous-sols de l’ancien Palais de Justice mais aussi dans les hôtels Rolin et Lacomme de la fin du Moyen-Âge, afin d’étudier dans le détail l’histoire de la construction du bâti, nous y reviendrons !
La fouille archéologique va ainsi se déployer, concomitamment aux travaux de gros-œuvre, sur cette fin d’année 2025 et dans le courant de l’année 2026.
L’étendue du chantier permet , en effet, à différentes entreprises de travailler en parallèle. Le phasage des interventions est donc primordial afin que les différents acteurs, en l’occurrence l’Inrap (Institut national de recherche en archéologie préventive), et le service d’archéologie de la ville d’Autun, cohabitent harmonieusement avec les entreprises du BTP Dufraigne et SGC qui assurent les travaux de confortement du bâti existant.













