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Le conseil municipal du 10 février dernier a décidé une série de mesures afin de redynamiser l’investissement hôtelier à Autun.
État des lieux de l’offre hôtelière de la ville
Depuis 2017, plusieurs études relatives à l’offre hôtelière ont eu lieu et toutes concordent sur le fait qu’une montée en gamme est nécessaire, comme c’est le cas dans l’ensemble de la région Bourgogne Franche-Comté. Ceci afin d’avoir un éventail d’établissements plus en adéquation avec les attentes touristiques d’aujourd’hui.
Entre les Ursulines, l’hôtel Saint-Louis et de la Poste et les Arcades, ce sont plus de 120 chambres qui sont temporairement indisponibles pour des raisons juridiques. Sans attendre leur réouverture, la reprise de l’hôtel de la Tête Noire en restaurant et résidence-services par des investisseurs du groupe Maison Daddy impose de recréer rapidement une offre hôtelière pour Autun.
Le plan de la municipalité pour redévelopper le secteur hôtelier à Autun
Au vu de la situation et de la construction prochaine du futur Panoptique – musée Rolin dont l’ouverture est prévue en 2028, la Ville a décidé d’agir pour augmenter le nombre de chambres qualitatives et manquantes. De même, la collectivité souhaite accompagner la montée en gamme de certains hôtels et ainsi diversifier l’offre de lits marchands sur Autun.
En conséquence, à l’été 2024, la municipalité a d’abord préempté l’hôtel des Arcades, un établissement qui avait fait l’objet de fermetures administratives et qui était classé parmi les pires hôtels de France. Depuis plusieurs années, de nombreuses tentatives de cessions du fonds avaient échoué faute d’arriver jusqu’au compromis de vente. Lorsqu’un compromis a enfin pu être signé mi-2024, la Ville a immédiatement fait jouer son droit de préemption commerciale afin qu’une vente puisse enfin aboutir sur cet établissement.
Le lendemain de l’exercice du droit de préemption, le vendeur tentait une nouvelle fois de se rétracter, sans succès au vu de l’action rapide de la mairie. Aujourd’hui, comme le prévoit le code de l’Urbanisme, la commune procède à sa rétrocession par appel à la concurrence avec un cahier des charges précis tenant compte des diagnostics et des objectifs de la commune en matière historique.
Par ailleurs, pour conforter le nombre de chambres disponibles en centre-ville, la collectivité propose un portage du Saint-Louis par l’Établissement Public Foncier régionale (EPF) pour être accompagnée sur la sortie du nœud judiciaire en cours. Ce dispositif permettrait également de trouver un opérateur à la réhabilitation du bâtiment, un porteur de concept et un exploitant.
Toujours dans le but d’augmenter l’offre de chambres, la Ville, conseillée par la Banque des Territoires, filiale de la Caisse des Dépôts pour les collectivités, cède une partie de parcelle à proximité du Parc expo et de la gendarmerie, après le parking Arnaud Beltrame, pour la construction d’un hôtel de 50 chambres, une capacité d’accueil qui n’existe pas à ce jour à Autun et qui constitue désormais le seuil de rentabilité critique minimal pour un porteur de projet (car permet notamment d’accueillir un bus de tourisme).
Enfin, pour diversifier les possibilités d’hébergements à Autun, un travail est en cours avec l’Union des Centres de Plein Air (UCPA, établissement à but non lucratif, acteur historique des vacances sportives) pour établir un bail emphytéotique à long terme (30 ans) pour la création d’un camping et de chalets entre le lac et le chemin des Ragots.
De plus, d’autres établissements hôteliers qui réfléchissent à faire évoluer leur positionnement commercial ont contacté la mairie pour présenter leur projet. Avec les différents acteurs mandatés sur le sujet (Chambre de commerce et d’industrie, Union des métiers de l’industrie hôtelière, EPF, CCGAM et conseil régional), la ville d’Autun les accompagnera avec pour objectif de revenir d’ici 2028 à un réseau hôtelier correspondant à ses ambitions touristiques.