Cilef : des cours de français en Ehpad pour les réfugiés ukrainiens

Cilef : des cours de français en Ehpad pour les réfugiées ukrainiens

Temps de lecture : 3 min

Depuis décembre 2024, le Cilef d’Autun propose des cours du soir pour apprendre le français aux Ukraniens ayant immigré dans la région. Un dispositif mis en place en collaboration avec la maison de retraite Saint-Antoine.

Il s’agit d’« une action spécifique pour le public des déplacés ukrainiens », explique Carine Marlaud, formatrice au Cilef. « Cela fait suite à une demande importante de mettre en place des cours du soir pour les personnes salariées, et c’est une première pour nous ».

En effet, depuis la fin de l’année 2024 et jusqu’en juillet, 17 personnes sont inscrites à ces cours du soir qui se déroulent les mardis de 17h30 à 20h30, une fois par semaine pour les personnes en emploi et qui peuvent éventuellement être complétés par des cours supplémentaires pour les personnes sans emploi, le Cilef étant certifié Qualiopi. Ces cours de français ont lieu dans la salle du Pôle d’Activités et de Soins Adaptés (PASA) de la maison de retraite Saint-Antoine : un local financé par le Gouvernement dans le cadre du Plan France Relance, par l’Union Européenne via les fonds NextGenerationEU et par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA). « L’établissement est ouvert 24h sur 24 », indique Yana Khomenkova, directrice de la maison de retraite Saint-Antoine, « la salle du PASA est dédiée aux activités pour les résidents mais n’est plus utilisée à partir du 17 heures : c’est donc tout à fait adapté aux cours du soir ».

Cilef : des cours de français en Ehpad pour les réfugiées ukrainiens

Dans le groupe, on compte 17 Ukrainiens inscrits aux cours du Cilef, dont 8 sont en emploi. « Il y a une belle mixité des âges », affirme Yana Khomenkova. En effet, en allant à la rencontre des apprenants, on constate qu’il y a des profils très différents : un ouvrier viticole qui auparavant était marbrier en Ukraine, une professionnelle de l’hôtellerie qui auparavant était professeure de sport en Ukraine, une femme arrivée il y a à peine un an, encore sans emploi mais qui était ingénieure auparavant dans son pays… La plupart sont arrivés en France au printemps 2022, aux débuts de la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

Dans le groupe, il y a également trois étudiants de 18 à 19 ans, l’un programmeur, l’autre ingénieur dans le domaine de la climatisation, et le dernier étudiant en communication audiovisuelle. Ces jeunes sont toujours inscrits en tant qu’étudiants à distance à Kiev. Ils passent d’ailleurs leurs examens en distanciel et reçoivent leurs diplômes également à distance.

Dans le cours de français dispensé à l’Ehpad Saint-Antoine, « on apprend à se présenter, on fait beaucoup de communication car le savoir parler est fondamental pour eux. On fait aussi un peu de grammaire, on a vu les vêtements, les descriptions physiques, le présent, le masculin et le féminin… Ce sont des personnes qui comprennent vite », explique Emmanuelle Gagnard, formatrice de français langue étrangère au Cilef. « Ils s’accrochent. Certains veulent rester en France, d’autres en se projettent pas ici, mais c’est un public courageux », complète Yana Khomenkova.

« Les cours sont dispensés sur huit mois et peuvent se poursuivre l’année suivante », précise Brigitte Beaufaron, directrice du Cilef d’Autun, également présente pour la présentation des cours de français du mardi soir. Et Jean-Baptiste Constant, sous-préfet d’Autun, de conclure : « l’État se mobilie fortement et continue d’accompagner ces actions qui permettent aux personnes arrachées à leur pays de s’insérer dans la société ».

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à contacter le Cilef.

Cilef : des cours de français en Ehpad pour les réfugiées ukrainiens