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Le Service archéologique de la Ville (SAVA) mène actuellement une étude numismatique sur une collection exceptionnelle de 835 monnaies de toutes périodes, issues de la collection privée de Jacques Duverne, octogénaire passionné d’archéologie. Ancien élève de l’institution Saint-Lazare et bénévole sur les chantiers de fouilles dans les années 1960, il a constitué cette collection à une époque où il était courant de récupérer des pièces découvertes sur les terrains. Restées chez lui pendant des décennies, ces monnaies ont été proposées au SAVA en 2024, ce qui a fortement intéressé les archéologues.
Un témoignage rare sur les pratiques locales
Si la collection ne possède pas de valeur marchande importante, elle représente un témoignage précieux des usages autunois liés aux découvertes archéologiques de l’époque. Conservée exactement dans l’état où elle a été rassemblée, elle se compose principalement de monnaies romaines, mais aussi gauloises, féodales, royales et contemporaines. Environ 500 pièces sont d’époque romaine, certaines provenant probablement de l’institution Saint-Lazare, fondée en 1650.
Le SAVA voit dans ce don une opportunité unique de comprendre comment ces collections privées se constituaient, en parallèle des fouilles officielles, et de comparer les pièces à celles déjà recensées dans les réserves archéologiques de la Ville.
Une étude minutieuse menée jusqu’à la fin de l’année
L’étude est confiée à Baptiste, jeune archéologue spécialisé en numismatique. Sa première mission a été de classer les monnaies par grandes périodes, puis de lier chaque pièce à un règne, afin d’identifier les concentrations par époque et d’observer la circulation monétaire sur le territoire autunois. Le degré d’usure des pièces permet également d’estimer si elles ont beaucoup circulé ou non.
Certaines monnaies retiennent l’attention, notamment celles de Néron et Domitien. Ces empereurs, dont la mémoire a été condamnée après leur règne, présentent des pièces volontairement rayées, souvent au niveau des yeux, du nez ou du cou, symbolisant la volonté d’effacer leur souvenir et d’ôter symboliquement leur pouvoir.
Composées de bronze ou d’alliages d’argent, toutes les monnaies seront prochainement photographiées une à une grâce à un banc photo prêté par Bibracte, afin de constituer un inventaire visuel précis. L’étude, commencée en septembre, se poursuivra jusqu’à la fin de l’année, avant que la collection ne soit transmise au musée pour conservation, en attendant une éventuelle mise en valeur future lors, peut-être d’une exposition. À suivre… !

