Temps de lecture : 3 min
Le Service Archéologique de la Ville d’Autun (SAVA) vient d’achever un diagnostic à l’intérieur de l’enceinte du collège militaire Changarnier, en amont d’un projet de construction destiné à accueillir des militaires en séjour. Les trois sondages réalisés ont révélé les vestiges bien conservés d’une maison urbaine datant des Ier-IIIe siècles, témoignant d’un habitat aux caractéristiques plutôt aisées dans ce secteur de l’ancienne Augustodunum.
Une maison avec salle de réception chauffée et mosaïque
Située à quelques dizaines de mètres du rempart romain, en périphérie nord-est de la ville antique, cette parcelle a livré des vestiges particulièrement bien conservés. Plusieurs pièces ont été partiellement dégagées, dont une salle de réception équipée d’un hypocauste, un système de chauffage par le sol utilisé à l’époque romaine.
Le sol suspendu reposait sur des pilettes de maçonnerie laissant circuler l’air chaud sous les dalles. Il était orné d’une mosaïque polychrome, dont de nombreux fragments ont été retrouvés dans les couches de démolition. Les élévations de la pièce étaient sans doute décorées d’enduits colorés et de stucs.
À proximité, les archéologues ont également mis au jour des fondations monumentales en façade de la maison, dont la fonction reste à déterminer. Elles jouxtaient un jardin extérieur, doté d’un puits aménagé en calcaire, un matériau qui pourrait témoigner d’un certain soin apporté à cet espace.
L’ensemble évoque une habitation présentant plusieurs signes de confort et de richesse : pièce de réception chauffée, décor en mosaïque et jardin. Sans pouvoir encore préciser le statut de ses occupants, cette découverte enrichit la connaissance des modes de vie dans ce quartier de la ville antique.
Trois semaines de diagnostic pour mieux comprendre le sous-sol
Le diagnostic a porté sur une parcelle d’environ 2 500 m². Comme le prévoit la procédure d’archéologie préventive, près de 10% de cette surface ont été sondés, soit environ 250 m², en trois semaines d’intervention.
Pour choisir les emplacements, les archéologues du SAVA se sont notamment appuyés sur les archives des opérations précédentes menées dans l’enceinte du collège. Ces informations leur ont permis de formuler des hypothèses sur la nature et la profondeur des vestiges attendus. Dans ce secteur proche du rempart, ils pouvaient notamment envisager la présence d’activités artisanales ; les découvertes orientent finalement vers un habitat qui présente des codes de richesse.
Le mobilier archéologique, comme les céramiques retrouvées sur site, ont aidé les spécialistes à établir une datation des vestiges. Le diagnostic permet ainsi de mieux comprendre l’organisation et l’occupation de l’ensemble de la parcelle, même s’il ne donne pas lieu à une fouille exhaustive.
Des visites pour les élèves du collège militaire
Avant que les vestiges ne soient recouverts pour être protégés, les archéologues ont organisé une dizaine de visites à destination du personnel et des élèves du collège militaire. Une occasion de partager les résultats de cette opération et de sensibiliser les jeunes à l’histoire antique d’Autun.
Le recouvrement est en effet une méthode de conservation : à l’abri des intempéries et des dégradations, les vestiges pourront être préservés pour les générations futures, dans l’attente de la suite donnée au dossier d’aménagement.








