À Autun, la ville se désimperméabilise et se végétalise

Boulevard Laureau à Autun

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Moins d’enrobé, davantage de végétation et des sols capables de laisser passer l’eau : depuis plusieurs années, la Ville d’Autun mène différents projets de désimperméabilisation dans plusieurs quartiers. Une démarche qui permet à la fois d’améliorer le cadre de vie, de favoriser la nature en ville et de mieux gérer les eaux de pluie.

Pourquoi désimperméabiliser les sols ?

La désimperméabilisation consiste à retirer ou réduire les surfaces imperméables, comme l’enrobé ou le béton, pour leur substituer de la terre, de la pelouse, des plantations ou encore des revêtements perméables. L’objectif est simple : permettre à l’eau de pluie de pénétrer davantage dans le sol plutôt que de ruisseler immédiatement vers les réseaux d’évacuation.

Cette démarche contribue ainsi à limiter le ruissellement et les risques liés aux fortes pluies, tout en favorisant la végétation, la biodiversité et la réduction des îlots de chaleur en ville. La désimperméabilisation agit ainsi comme un levier important d’adaptation des villes au changement climatique.

Plusieurs réalisations à Autun

À Saint-Pantaléon, rue des Ormes, les surfaces en enrobé ont été réduites au profit de nouvelles pelouses et de plantations d’arbres.

À la Genetoye, au niveau du pont Saint-Andoche, la démolition des anciennes forges a permis de préparer l’aménagement d’une nouvelle aire de détente. Le projet prévoit notamment un parking réalisé avec un revêtement perméable ainsi que des espaces verts.

Même logique dans la cour du Forum, rue des Pierres : autrefois entièrement en enrobé, elle accueille désormais de la pelouse, des cheminements piétons, des plantations et des noues. Ces petits espaces creux aménagés dans le paysage permettent de recueillir temporairement l’eau de pluie, de ralentir son écoulement et de favoriser son infiltration dans le sol.

Le boulevard Laureau a lui aussi fait l’objet d’un important réaménagement paysager. Les espaces de stationnement ont été traités avec des matériaux perméables, permettant à l’eau de traverser le revêtement, tandis que des espaces végétalisés ont été créés. Un aménagement qui associe ainsi stationnement, végétalisation et meilleure gestion des eaux pluviales.

Même principe place Deguin, où les parkings ont été aménagés avec des matériaux perméables et accompagnés de nouvelles plantations, d’arbres et de pelouses, de même que dans la rue de Lattre de Tassigny qui s’est parée de pelouse et d’une bordure piétonne il y a quelques années. Allée de la Liberté, un parking perméable a également été créé.

Ces différents aménagements participent à une même ambition : retrouver des sols davantage capables de jouer leur rôle naturel dans le cycle de l’eau, tout en redonnant davantage de place au végétal dans l’espace public.

Le permis de végétaliser : les habitants aussi peuvent agir

Cette politique de végétalisation peut également s’appuyer sur l’implication des habitants. Le permis de végétaliser permet à une personne ou à un collectif de proposer à la commune la végétalisation d’un espace appartenant au domaine public (sur des parcelles de trottoirs, des pieds d’arbres, des limites de chaussée ou en pleine terre). Il ne s’agit donc pas de planter librement sur l’espace public : une autorisation de la collectivité est nécessaire pour encadrer l’occupation de cet espace.

À Autun, la réglementation municipale prévoit déjà que les habitants peuvent fleurir ou végétaliser leur pied de mur. Cette végétalisation doit toutefois rester compatible avec les usages de l’espace public : le passage des piétons, notamment des personnes à mobilité réduite et des poussettes, doit être préservé, avec une largeur de cheminement de référence de 1,40 m lorsque la largeur du trottoir le permet. Les avaloirs et dispositifs d’évacuation des eaux pluviales doivent également rester libres. Par ailleurs, cette végétation doit également être plantée de manière à ce que cela n’endommage pas les façades des bâtiments. Un cadre réglementé donc, mais qui permet néanmoins d’embellir la ville en plus de lui apporter plus de nature.

Désimperméabiliser les grands espaces publics comme végétaliser les pieds de murs à l’échelle des quartiers : deux démarches complémentaires pour faire davantage de place à la nature en ville et adapter progressivement Autun aux évolutions climatiques.