350 jeunes sensibilisés aux dangers de la consommation de stupéfiants

350 jeunes sensibilisés aux dangers de la consommation de stupéfiants

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Les 2 et 3 octobre derniers, la Ville a accueilli Camel Guelloul, fondateur de l’association Apica, pour deux interventions marquantes autour d’un sujet aussi sensible qu’essentiel : la dépendance et la santé mentale.

L’Atelier Santé Ville a porté l’intervention de Camel en prévention des conduites à risque, la santé mentale des jeunes étant le fil rouge des actions menées par ce dispositif chaque année. Un sujet qui, de plus, est une préoccupation partagée par l’ensemble des professionnels de santé.
Pour mener à bien son engagement, l’équipe projet de l’Atelier Santé Ville a à cœur de proposer des actions de prévention et de sensibilisation à destination du grand public, des jeunes et des parents.
Lorsque la quinzaine des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) a été programmée pour ce mois d’octobre, c’est tout naturellement que l’intervention de Camel Guelloul pour l’Atelier Santé Ville a été intégré à la programmation de ces ateliers.

Ancien toxicomane, Camel témoigne aujourd’hui dans toute la France pour sensibiliser les jeunes, les familles et les professionnels aux dangers des addictions. Breton d’origine, il a connu la rue, la manche, la perte d’amis victimes d’overdoses. Mais aussi la reconstruction. « J’ai eu la chance qu’on me tende la main », raconte-t-il. Cette main, c’était celle de l’association Aides, où il a ensuite travaillé au niveau national avant de fonder Apica, une structure dédiée à la prévention des conduites addictives, en lien avec une psychologue clinicienne spécialisée en toxicomanie.

À Autun, plus de 350 jeunes, lycéens et inscrits au Cilef, ont assisté à sa première conférence le 2 octobre. Un témoignage fort, sans fard, dans un silence respectueux puis un échange riche de questions franches : « Qu’est-ce qui peut protéger ? », « Comment aider un proche ? », « Est-ce qu’on peut s’en sortir ? ». Camel leur a répondu avec sincérité : « Je voulais juste aller mieux. Aujourd’hui je ne suis pas guéri, je suis condamné. Mais j’avance, et c’est ça la victoire. » Les élèves sont repartis marqués par un message d’amour, de résilience et de solidarité : ne pas rester seul, parler, s’entourer, apprendre à se connaître.

Le lendemain, plus d’une trentaine de professionnels de santé et exerçant dans les domaines sociaux et éducatifs se sont réunis pour prolonger la réflexion. Camel leur a rappelé que la toxicomanie – et la dépendance de manière générale – est avant tout une question de santé mentale : « Il y a toujours un élément déclencheur. Quand on n’est pas informé, on devient vulnérable. Et cette vulnérabilité, c’est le terrain des dealers. » Il a insisté sur la nécessité de transmettre les bons outils pour faire face aux événements de la vie, notamment chez les jeunes, et sur l’importance du cadre familial et éducatif : « Une famille où on parle, où on se retrouve autour d’un repas, c’est déjà une prévention. »

Son premier conseil aux jeunes ? « Apprenez à choisir vos amis. »
Et son message aux adultes ? « Quand on fait attention à un jeune, quand on prend le temps de l’écouter, de l’accompagner, on peut tout changer. Tant qu’il y a du dialogue, il y a de l’espoir. »

La toxicomanie est une problématique nationale, qui touche les grandes villes comme les plus petites. À travers cette intervention, la Ville rappelle que la santé mentale est la première prévention. Savoir s’entourer, parler de ce que l’on vit, être accompagné : autant de clés pour se protéger et avancer, ensemble.

La Semaine d’Information sur la Santé Mentale se poursuit jusqu’au 19 octobre à Autun et dans le Grand Autunois-Morvan.
Prochain rendez-vous de l’Atelier Santé Ville : ce vendredi 10 octobre, dédié à la santé mentale des ados avec la projection du film TKT suivi d’un débat animé par Roselyne Guilloux et Annette Perrault.